L’Église de Seysses

L’Église de Seysses

Sa construction

Seysses était au XVIIIème siècle, un gros village rattaché à l’élection (circonscription financière) de Rivière-Verdun. Comme dans toute la France rurale, on y enregistrait une croissance démographique qui devait porter sa population à plus d’un millier d’habitants en 1790. Le 15 décembre 1778, l’archevêque Loménie de Brienne, venu en visite pastorale à Seysses, prôna l’agrandissement d' »une église trop étroite ». Trois années passèrent avant que l’Intendant (représentant du roi) d’Auch ne confie cette mission au « Sieur Philippe Hardy, ingénieur et architecte de l’Académie royale des Arts de la ville de Toulouse » qui rendit son rapport le 12 avril 1783. Selon le devis estimatif accepté le 25 avril 1783, la charge totale de la communauté (ancêtre de la municipalité) fut fixée à 63 698 livres et celle des gros décimateurs se montait à 16 555 livres, soit au total 80 253 livres. Restait à trouver l’argent.

Mais un mécène se présenta : le baron de Guilhermin, seigneur de Seysses, conseiller au Parlement (tribunal situé au sommet de la hiérarchie financière) de Toulouse, qui offrit de faire l’avance de la totalité de la part de la communauté, offre acceptée sans hésitation. Le 28 juillet 1783, la réalisation de l’ouvrage fut confiée à un maçon de Toulouse, Jean Broquière, dit Lafranchise, mais en attendant que les paroissiens puissent profiter de la nouvelle église, une église  » provisoire  » fut construite. Le 15 octobre 1783, l’Intendant autorisa la communauté à vendre des biens communaux pour rembourser son seigneur et régler les 7 622 livres demandés par les propriétaires de dix maisons dont la démolition était nécessaire pour l’exécution du projet. La vente des biens communaux rapporta finalement 50 571 livres, soit environ les cinq sixièmes de la dette contractée envers Mr de Guilhermin. Les travaux commencèrent à la fin de l’année 1784 et l’église fut terminée et livrée au culte dès 1790. Elle fut consacrée ultérieurement, à une date inconnue.

Le plan de l'église actuelle

La nouvelle église affecte en plan la forme d’un rectangle long de dix-sept toises (33 m 28) et large de six toises et trois pieds (12 m 66) divisé en cinq travées et terminé par une abside en  » demi-ellipse  » profonde de quatre mètres environ.

Les St Patrons

L’ornementation de la nouvelle église eut lieu en février 1789 et les travaux auraient été achevés en 1790. Les St Patrons de l’église sont :
SAINT BLAISE, évêque de Sébaste en Arménie, invoqué pour les maux de gorge et les animaux.
SAINT ROCH, né à Montpellier vers 1295, devient orphelin à l’âge de 20 ans, il abandonne alors ses études de médecine, distribue sa fortune aux pauvres et se rend en Provence et en Italie pour soigner l’épidémie de peste de 1315. Atteint par la contagion, il se réfugia dans une forêt pour y attendre la mort mais y fut découvert par le chien d’un gentilhomme nommé Gothard qui le fit soigner. De retour en France, alors déchirée par les guerres des rois d’Aragon et de Majorque, il fut pris pour un espion et enfermé dans une prison où il mourut en 1327.

La façade

La façade a la forme d’un rectangle dont les proportions sont voisines de celles du  » nombre d’or  » (1/1,38) et elle se divise en deux étages eux-mêmes partagés dans la largeur en trois panneaux.A l’étage inférieur, le portail rectangulaire est coiffé d’un tympan semi-circulaire à deux voussures en briques lui-même sommé d’un bas-relief trapézoïdal en pierre blanche, figurant trois têtes d’angelots émergeant d’un fond de nuées et de rayons. La travée centrale du deuxième étage est décorée d’une grande croix latine évidée, posée sur une base rectangulaire.Au-dessus est placé le cadran de l’horloge, en pierre, avec les heures gravées en creux, encadré de bas-reliefs figurant des images symboliques du temps qui passe (des ailes, un sablier).Les deux panneaux latéraux portent chacun une niche rectangulaire abritant les statues des deux patrons de la paroisse : à gauche, St Blaise, en habits d’évêque, portant la mitre, la chape et tenant une crosse dont la volute est aujourd’hui brisée ; à droite St Roch, figuré en pèlerin et accompagné de son chien.

Les chapelles

Les six chapelles ouvrent chacune sur la nef par un arc en plein cintre qui occupe toute la largeur de la travée. Ces chapelles rectangulaires, larges de dix-huit pieds (5 m 79) et profondes de quatorze pieds six pouces (4 m 53) sont voûtées d’arêtes comme la nef et orientées à l’Est comme le sanctuaire. Dans deux d’entre elles, la chapelle Sainte Germaine et celle du Purgatoire, de fausses ogives ont été plaquées au XIXème sur les arêtes. Les six autels sont placés sur le côté et surmontés chacun d’un retable (partie supérieure d’un autel qui surmonte verticalement la table) formé de deux colonnes corinthiennes supportant un fronton courbe dépourvu d’ornements. Elles sont surélevées d’une marche par rapport à la nef. Les autels sont tous en marbre et de forme parallélépipédique.

Le clocher

Le clocher, édifié sur le porche, est une tour carrée à angles abattus, surmontée d’une flèche. Chaque face de la tour porte une fenêtre rectangulaire avec linteau en plein cintre. Tout le clocher est fait de briques aujourd’hui apparentes, sauf la boule du sommet qui est en  » pierre de Carcassonne « . Les onze cloches qui composent le carillon sont toutes du XIXème siècle.

Le mobilier et la décoration

On retrouve dans l’église actuelle trois groupes d’éléments de décoration et de mobilier :

Les éléments qui proviennent de l’ancienne église
De l’ancienne église provient certainement le tableau de Despax,  » St Jacques pèlerin « , classé en 1914 et placé actuellement sur le retable de la chapelle Ste Germaine. Peut-être l’ancienne église a-t-elle aussi fourni la statue de St Roch dont le style paraît bien porter la marque du XVIIIème siècle. On peut aussi se poser la question pour les stalles actuelles dont l’architecture rappelle énormément celle des stalles de la cathédrale de Toulouse, qui datent de 1614. De l’ancienne église pourrait provenir aussi l’orgue dont le buffet remonterait au XVIIIème siècle, les jeux ayant été refaits au siècle suivant par un facteur toulousain.

Les éléments exécutés dans la foulée de la construction suivant les données de l’architecte
Le premier élément est la  » piscine  » (petite cuve destinée à recevoir l’eau qui a servi aux baptêmes et à la purification des objets sacrés) des fonts baptismaux, expressément réclamée par l’ordonnance épiscopale de 1778 qui prescrit en outre que la chapelle, qui doit l’abriter sera ornée de  » la représentation du baptême de Notre-Seigneur « . Le second est  » la balustrade en fer pour la table d’apuy de communion…  » faite d’une file de balustres à l’antique, ajourés et peints en noir, qui marquent bien le style Louis XVI.

Les ajouts et transformations
Le reste du décor et du mobilier est postérieur et il ne reste malheureusement presque aucun document qui permette d’en suivre l’élaboration. Nous savons toutefois qui est l’auteur du tableau du retable du maître-autel, représentant le « Triomphe de St Blaise », tableau classé en 1914 : c’est en effet en 1800 que le Conseil des laïques, qui administra la paroisse jusqu’en 1802 sous le régime de séparation de l’Eglise et de l’Etat, commanda cette œuvre au peintre toulousain Jean-François Fauré (1750-1824), élève de Despax. Beaucoup plus difficile apparaît l’attribution de la fresque, ni datée, ni signée, qui a pour thème la « Glorification de la Sainte-Croix », avec de nettes réminiscences de la « Dispute du Saint-Sacrement » de Raphaël au Vatican. Desazars de Montgailhard, dans son ouvrage de 1925 sur les artistes et l’art à Toulouse au XIXème siècle signale pour la période de 1800-1815 un fresquiste toulousain nommé Julia, mais ne lui attribue comme œuvre que des restaurations de tableaux de Despax. Rien ne permet de le considérer comme l’auteur de cette fresque, qui pourrait d’ailleurs être beaucoup plus récente, peut-être seulement contemporaine de l’aménagement du chœur dans la seconde moitié du XIXème siècle. Il s’agirait alors d’une copie ou d’une imitation, comme le sont les deux fresques placées à droite et à gauche du maître-autel, « le Sacrifice d’Abraham » et « le Repas d’Emmaüs ». Mais l’identité du copiste reste inconnue. Trois autres peintures paraissent encore mériter l’attention :

« Le Saint-Roch pèlerin », d’allure romantique qui occupe le retable de la chapelle dédiée à ce saint.
Dans la même chapelle, un « Saint Pierre » très noirci et visiblement originaire d’ailleurs.
Le tableau intitulé « l’Entrée des Carmes à Toulouse » qui pose aussi le problème de la provenance d’une partie du décor de l’église. On peut encore faire mention des huit vitraux des fenêtres hautes de la nef,  » vitraux  » selon la mode de l’époque, qui représentent du côté Nord la Visitation, l’Adoration des Bergers, la Crucifixion et l’Ascension, et du côté sud l’Annonciation, la Présentation, l’Agonie du Christ et la Résurrection, sujets très révélateurs de la piété du temps ?

Les orgues
Orgues de Seysses

Orgues de Seysses

L’orgue a été inauguré le 16 décembre 2001 à l’initiative de la Municipalité et de l’association Les Amis de l’Orgue.

Extrait du discours inaugural de Monsieur Foulquier, ancien Maire de Seysses :

« Les orgues, dont nous célébrons la restauration aujourd’hui, ont été classés dans le patrimoine historique en 1995. Installés en 1867, instrument romantique de la facture Théodore PUGET et Fils, ils sont constitués d’éléments peut être plus anciens. Depuis cette date, des modifications diverses ont été apportées en 1900 et 1950. Permettez-moi d’évoquer un souvenir personnel de ma jeunesse : l’organiste de l’époque, avant la guerre, Monsieur LAFFONT, personne âgée qui avait manifesté son talent à la cathédrale St Etienne, vieux seyssois, nous prenait à la demande de l’Abbé Gaubert, pour souffler comme nous le disions à l’époque, après le catéchisme, afin de pouvoir assurer son fonctionnement.

C’était très dur à deux sur les pédales car nous n’étions pas très lourds, et souvent nous le laissions sans souffle, lorsque nous estimions, sans doute à tort, qu’il nous en demandait un peu trop.

Après sa disparition pendant la guerre, l’orgue est resté souvent muet, diverses personnes plus ou moins compétentes se succédant pour assurer son fonctionnement (Messieurs Gagnère, Chaumeton et autres). Puis il devint injouable.

La restauration de l’orgue est en quelque sorte la conclusion d’une longue série de travaux réalisés dans notre église pour la rendre accueillante.

A partir de 1960, après l’installation du chauffage (type romain) par l’Abbé Cucuroux, et dès 1970 avec des conseils municipaux successifs, nous avons entrepris une restauration complète de ce magnifique édifice. Réfection totale de la toiture y compris les chapelles qui menaçaient de s’écrouler, des vitraux que les déflagrations de la guerre et la vétusté avaient détériorés. Réfection de toutes les peintures des chapelles à l’identique par un artiste professionnel, réfection totale de l’ensemble de l’alimentation électrique très disparate (qui menaçait la sécurité), remplacement des abats sons.

Et aussi, reprise du crépi sur toutes les parties latérales, identique à l’originel. Ces travaux d’une valeur considérable sont couronnés aujourd’hui par la mise en place de l’orgue par la volonté d’une association seyssoise, créée sous l’égide de l’Abbé Maye, avec l’accord de la municipalité.

Après appel d’offres, Monsieur Jean DALDOSSO que nous remercions vivement, facteur d’orgues à Gimont, a été choisi pour effectuer ce travail qui a duré plus d’un an en raison de sa complexité et de quelques imprévus survenus en cours de travaux. Le coût de cet ensemble d’opérations s’est élevé à 846.230,44 F soit 129 006.99 €. »

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