On retrouve dans l'église actuelle trois groupes d'éléments de décoration et de mobilier :
Les éléments qui proviennent de l'ancienne église
De l'ancienne église provient certainement le tableau de Despax, " St Jacques pèlerin ", classé en 1914 et placé actuellement sur le retable de la chapelle Ste Germaine. Peut-être l'ancienne église a-t-elle aussi fourni la statue de St Roch dont le style paraît bien porter la marque du XVIIIème siècle. On peut aussi se poser la question pour les stalles actuelles dont l'architecture rappelle énormément celle des stalles de la cathédrale de Toulouse, qui datent de 1614. De l'ancienne église pourrait provenir aussi l'orgue dont le buffet remonterait au XVIIIème siècle, les jeux ayant été refaits au siècle suivant par un facteur toulousain.
Les éléments exécutés dans la foulée de la construction suivant les données de l'architecte
Le premier élément est la " piscine " (petite cuve destinée à recevoir l'eau qui a servi aux baptêmes et à la purification des objets sacrés) des fonts baptismaux, expressément réclamée par l'ordonnance épiscopale de 1778 qui prescrit en outre que la chapelle, qui doit l'abriter sera ornée de " la représentation du baptême de Notre-Seigneur ". Le second est " la balustrade en fer pour la table d'apuy de communion… " faite d'une file de balustres à l'antique, ajourés et peints en noir, qui marquent bien le style Louis XVI.
Les ajouts et transformations
Le reste du décor et du mobilier est postérieur et il ne reste malheureusement presque aucun document qui permette d'en suivre l'élaboration. Nous savons toutefois qui est l'auteur du tableau du retable du maître-autel, représentant le "Triomphe de St Blaise", tableau classé en 1914 : c'est en effet en 1800 que le Conseil des laïques, qui administra la paroisse jusqu'en 1802 sous le régime de séparation de l'Eglise et de l'Etat, commanda cette œuvre au peintre toulousain Jean-François Fauré (1750-1824), élève de Despax. Beaucoup plus difficile apparaît l'attribution de la fresque, ni datée, ni signée, qui a pour thème la "Glorification de la Sainte-Croix", avec de nettes réminiscences de la "Dispute du Saint-Sacrement" de Raphaël au Vatican. Desazars de Montgailhard, dans son ouvrage de 1925 sur les artistes et l'art à Toulouse au XIXème siècle signale pour la période de 1800-1815 un fresquiste toulousain nommé Julia, mais ne lui attribue comme œuvre que des restaurations de tableaux de Despax. Rien ne permet de le considérer comme l'auteur de cette fresque, qui pourrait d'ailleurs être beaucoup plus récente, peut-être seulement contemporaine de l'aménagement du chœur dans la seconde moitié du XIXème siècle. Il s'agirait alors d'une copie ou d'une imitation, comme le sont les deux fresques placées à droite et à gauche du maître-autel, "le Sacrifice d'Abraham" et "le Repas d'Emmaüs". Mais l'identité du copiste reste inconnue. Trois autres peintures paraissent encore mériter l'attention :
"Le Saint-Roch pèlerin", d'allure romantique qui occupe le retable de la chapelle dédiée à ce saint.
Dans la même chapelle, un "Saint Pierre" très noirci et visiblement originaire d'ailleurs.
Le tableau intitulé "l'Entrée des Carmes à Toulouse" qui pose aussi le problème de la provenance d'une partie du décor de l'église. On peut encore faire mention des huit vitraux des fenêtres hautes de la nef, " vitraux " selon la mode de l'époque, qui représentent du côté Nord la Visitation, l'Adoration des Bergers, la Crucifixion et l'Ascension, et du côté sud l'Annonciation, la Présentation, l'Agonie du Christ et la Résurrection, sujets très révélateurs de la piété du temps ?